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16 Novembre 2017

L'Agence Belga rapporte et dont la nouvelle a été reprise par RTBF que L’ONU par la voix du Saoudien Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, a fermement dénoncé mardi la dégradation des conditions de détention des migrants en Libye, qualifiant « d’inhumaine » la coopération de l’Union européenne avec cet Etat complètement désagrégé et morcelé entre plusieurs fractions. « La communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye, et prétendre que la situation ne peut être réglée qu’en améliorant les conditions de détention », a indiqué M. Zeid dans un communiqué, déclarant que « la politique de l’UE consistant à aider les garde-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants (est) inhumaine. Il n’est pas du tout tendre avec à la fois l’UE et la Libye. « La souffrance des migrants détenus en Libye est un outrage à la conscience de l’humanité », s’est-il insurgé, en estimant que la situation était devenue « catastrophique ».
Alors que le groupe de contact sur la route migratoire en Méditerranée centrale (13 pays européens et africains) a décidé lundi en Suisse, d’améliorer simplement les conditions de migrants dans les centres de détention en Libye tout en promouvant des alternatives à cette solution, le Haut-Commissaire de l’ONU n’est pas du tout satisfait. Dans son communiqué, le responsable onusien en matière des droits de l’Homme, dénonce l’aide apportée par l’UE et l’Italie aux garde-côtes libyens pour arrêter les migrants en mer, « malgré les inquiétudes exprimées par les groupes de défense des droits de l’Homme » sur le sort de ces migrants. « Les interventions croissantes de l’UE et de ces Etats membres n’ont jusqu’à présent pas servi à réduire le nombre d’abus subis par les migrants », insiste M. Zeid. « Notre système de surveillance montre en fait une détérioration rapide de leur situation en Libye », souligne-t-il, clarifiant que des « observateurs des droits de l’Homme » s’étaient rendus, du 1er au 6 novembre, à Tripoli pour visiter des centres de détention et s’entretenir avec les migrants détenus. « Les observateurs ont été choqués par ce qu’ils ont vu : des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants émaciés et traumatisés, empilés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars (...) et dépouillés de leur dignité », indique-t-il.
La Rédaction