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9 Novembre 2017

Nul ne semble à l’abri des nouvelles révélations des « Paradise Papers », la nouvelle enquête menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (CIJI) dont le siège est basé aux Etats-Unis. Les révélations de cette longue enquête de douze mois ont commencé à être publiées à partir du 05 novembre dernier. Des particuliers, des sociétés, des Etats tout y passe. Les montages financiers réalisés à des fins d’optimisation fiscale ont permis à de multiples citoyens et sociétés de se soustraire du paiement d’impôt. Plus grave lorsque des Etats sont également sont pointés du doigt. La Belgique se trouve être l’un de ces pays qui n’appliquent pas ce qu’elle a décidé en matière de lutte contre l’évasion fiscale. Bien que l’Etat fédéral ait établi une liste noire de paradis fiscaux, le dépouillement des fameux paradise papers par nos confrères le Soir et le Tijd, nous révèlent que la Société belge d’investissement (SBI), détenue à 64 % par l’Etat belge dont 6 % par la Banque mondiale, soit immatriculée aux Îles Vierges britanniques figurant pourtant sur la liste noire.
D’autres sociétés privées se partagent le reste des parts. Il apparaît que la SBI dispose d’un intérêt financier dans une société « infra asia development limited » d’où plusieurs investissements réalisés au Vietnam. Le journal le Soir indique par ailleurs qu’il n’est mentionné nulle part que ces participations belges étaient détenues à travers une société immatriculée aux Îles Vierges britanniques, un archipel antillais. L’histoire remonte à une vingtaine d’années durant lesquelles la SBI avait caché lors de la publication des comptes annuels sa vraie adresse. La SBI veut admettre que c’est une simple erreur. Un autre fait troublant, c’est que le patron du fisc. Belge, Hans D’Hondt, a longtemps été membre du conseil d’administration de la Société belge d’investissement. Malgré y avoir siégé 10 ans, il indique ne pas être également au courant.
En revanche, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt lors d’un entretien accordé à VRT radio a condamné tout recours au montage financier passant par un paradis fiscal. Cependant, il souhaite avant tout faire la lumière sur la manière dont ce mécanisme s’est propagé et sur les raisons pour lesquelles ce montage est resté caché si longtemps. L’opposition a réagi par la voix du député écologiste Georges Gilkinet qui s’est demandé comment le gouvernement pouvait-il rester crédible dans la lutte contre la fraude fiscale si la SBI participe à de tels montages ? Il a réitéré sa demande de rouvrir les travaux de la commission parlementaire « Panama Papers », et d’entendre MM D’Hondt et Fontinov. De son côté, le député PIB Marco Van Hees a accusé directement le ministre des Affaires étrangères et précédemment en charge des Finances Didier Reynders, dont plusieurs anciens collaborateurs sont administrateurs à SBI. Rappelons que l’enquête désignée sous l’appellation « Paradise Papers » repose sur plus de 13,5 millions de documents issus de trois sources. Moussa T. Yowanga