Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
9 Novembre 2017

Les réseaux sociaux ressemblent aujourd’hui à des Supermarchés où l’on trouve de tout, c’est-à-dire des choses utiles et inutiles. Et c’est là où souvent le bât blesse, on est face à l’embarras choix avec un grand risque de tomber sur des choses de meilleure qualité et d’autres mauvaises voire dangereuses tout simplement. Cela dépendra évidemment de votre capacité de trier entre les moutons et les brebis. Malgré tout, les réseaux sociaux nous font voyager très loin vers d’autres cieux dont il serait naturellement impossible d’y parvenir sans la magie de ces outils de communication. Par exemple, lisez cette nouvelle en provenance de Moundou, une grande ville tchadienne située au sud du pays que l’on retrouve sur l’espace Facebook du correspondant spécial de Regards d’Africains de France à Bonn en Allemagne, Eric Mocnga Topona, mais portant la signature d’Aristide Rangar, observateur politique. Dans cette publication titrée « Le Gouverneur de Moundou, Mahamat Béchir sort de son silence », son auteur rapporte que cet administrateur fait l’actualité ces jours-ci dans la région. Aristide Rangar, l’observateur politique le décrit fidèlement : « Le tout puissant Gouverneur de la région du Logone occidental est sorti de son silence. En recoupant les différents extraits sur les ondes des radios locales, issus de sa conférence de presse tenue le dimanche 5 novembre, on y note des vérités qui se dégagent...C'est une première fois tout au moins que le Gouverneur s’exprime ainsi sur tous les sujets.
Installé en pleine campagne électorale, Béchir a été qualifié d’un va t’en guerre par les médias locaux où tous les qualificatifs lui ont été attribués. La dernière fois, on l’annonçait même en fuite après le contrôle de la mission d’Etat. Mais l’homme semble plus que serein et ne montre aucun signe d’un administrateur qui tâtonne ou qui joue ses dernières cartes. «Ici, tout est politique dans cette région, même à l’église » a fait remarquer un jour une élite. Béchir prouve qu’il sait tout, qu’il connait mieux cette région que certains natifs. » Dans le même ordre d’idée, cet observateur politique ajoute : « Depuis les élections présidentielles en passant par la destitution et l’arrestation de Médard jusqu’à ce jour, certaines langues se délient. La confidence d’un politicien de l'opposition explique toutb: «Ce gars nous impressionne et il est sans doute l’homme de la situation. Maîtriser Moundou comme il l’a fait jusqu’ici n’est pas donné à n’importe qui ». En l'écoutant, il a fait la lumière sur les accusations tant décriées de son rôle dans la détention de Médard. Béchir déclare que : « Médard est coupable de sa comptabilité. Il avait reconnu ses fautes devant les conseillers qui l’on destitués en toute souveraineté et je n’ai rien à y voir. Seule la justice déterminera son sort ». Il se disculpe entièrement de sa responsabilité dans cette affaire alors que les militants du parti de Laoukein le mettent au premier plan. En l’écoutant aussi sur la crise de la mairie, il n’y a pas d’espoir pour le personnel qui a entamé de nouveau un sit-in pour réclamer 19 mois d’arriéré de salaire. A l’entendre, la solution de la crise de la mairie ne viendra que des autorités communales.
Le même refrain : l’effectif est pléthorique. Entre temps le nouveau Maire Nerolel, montre à travers ses dernières interventions sur les ondes, un signe de faiblesse et se livre à une guerre de mot avec les syndicats. Visiblement le salut n’est pas pour demain pour les employés de la mairie et ce qui laisse penser pour certains que seul le Président Deby peut débloquer la situation. Mais comment ? Autre volet qu’il faut retenir de cette sortie de Béchir, c’est le climat médiatique. » Suivons-le dans son observation qui ressemble à une enquête d’investigation, Rangar Aristide rapporte : « Il y a quelques semaines, la radio Fm Nada a été interdite de toute couverture des activités de la mairie par le nouveau maire. Tout comme le maire, beaucoup qualifient cette radio créée, dit-on par Médard de mener une campagne de nuisance et de déstabilisation du nouveau maire. Mais loin de cette guéguerre qui fait la particularité du Logone occidental, Béchir veut que la presse soit objective. Mentir c'est bon mais tout le monde n'est pas dupe selon lui.
Chose rarissime, cette sortie médiatique du gouverneur a eu le soutien d'un certain Tadigam Juda, ancien président des opérateurs économiques du Logone. En déclin depuis ce dernier temps, il a réagi sur les ondes pour appeler au changement de mentalités chez les Ngambaye. Il s'en est pris à un natif qui aurait fait un communiqué de presse soutenant Médard au nom de la communauté Ngambaye. » Il termine son constat en ajoutant que : « L'enveloppe donnée par la mairie et retournée par le Gouverneur pour soutien a sa famille frappée par le deuil a une fois de plus démontré qu'il existe dans cette région des personnes hostiles à la présence des autres. D'aucuns voient la bassesse voire l'amateurisme des médias locaux en laissant passer des propos qui divisent, incitent à la haine. Le qualificatif xénophobe a fini par être employé. Le repli identitaire au grand jour. Au-delà de tout, il devrait avoir un petit respect pour la mémoire d'un mort qui n'est qu'un tchadien. Dommage mais voilà ainsi ».
Ahmat Zéïdane Bichara