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27 Novembre 2017
« Parole au peuple », est une nouvelle page réservée au grand public par la Rédaction comme une tribune d’expression ouverte qui penche sur tous les sujets abordés par les utilisateurs des réseaux sociaux. Les réactions et commentaires les plus pertinents vous seront soigneusement sélectionnés et publiés par la Rédaction. Le but étant de contribuer à rendre compte aux lecteurs de la richesse des débats contradictoires et dépassionnés sur les réseaux sociaux qui mettent en lumière et dénoncent les crimes humains, économiques, les atteintes aux droits de l’Homme et la mauvaise gouvernance dans les sphères du pouvoir. Aujourd’hui, Me Lyadish Ahmed, juriste de formation lance le débat autour de l’affaire dite de pots de vin dont le président tchadien en était bénéficiaire selon la justice américaine. Alors, le débat voulu par Lyadish est simple si oui ou non Deby est un dictateur ? Un voleur ? A Cette question à double volet, le lanceur du débat s’est bien positionné. Les réactions des uns et des autres ne se sont pas fait attendre compte tenu de l’importance de l’actualité de la semaine concernant cette affaire de pots de vin versés au président Idriss Deby.

Lyadish Ahmed entame le débat en adoptant une position équilibriste tout en exprimant son scepticisme sur le montant qu’il trouve dérisoire pour appâter le président : « Deby dictateur ? Oui. Deby voleur ? Non ! Cette information me remplit de colère. Je n'arrive toujours pas à croire que notre président ait été corrompu avec un si modique pot-de-vin quand on sait que de simples quidams, profitant du pillage organisé des deniers publics, sont capables de dépenser trois fois cette somme en moins d'un mois dans l'achat de biens immobiliers en Occident. Je n'arrive pas à croire que notre président ait été corrompu. Non, je ne veux pas le croire. Deby dictateur ? Oui. Deby voleur ? Non ! »
Tchouanaba Patalet Mapori estime que : « Le vol est une infraction indivisible à la dictature. Seul le montant évoqué me fait réfléchir à deux fois. »
Adabayo Adam Adam n’affiche pas clairement son point de vue mais il semble convaincu qu’avec le temps la vérité éclatera : « Ça va finir par se savoir en tout cas ».
Dounia Bere interpelle le lanceur du débat et exprime son désaccord avec lui : « Maître Lyadish, est-ce qu'en décortiquant la dictature, on ne trouverait pas le vol dedans, lorsqu'on considère ces ressources du pays bradés sous cette dictature. Le montant évoqué dans cette situation scandaleuse est insignifiant au regard de la personne mise en cause, mais encore comment est-ce que cette personne a acquis sa fortune, est la question qu'on peut se poser, dans le contexte de ce pays qui peine encore à sortir de la misère. C'est bien difficilement que la réponse à la deuxième question serait Non, si on admet le Oui à la première question, dans le contexte considéré. Merci d'élaborer pour éclairer ».
Lyadish Ahmed reprend la parole en campant sur sa position : « J'ai dit : je ne veux pas le croire »
Djoret Biaka Tedang se jette dans le débat en titillant un peu Lyadish : « tu nous fais aller chercher loin dans Wikipedia pour comprendre ce que c'est que Dr Jekyll et Mr Hyde. Mais s’il n'y a que lui pour prendre le pot de vin, comment veux-tu que le pauvre DG réponde ? »
Ali Mohamed considère que : « Pour Moi, vol et dictature sont semblables. Car par définition, une dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe exerce tous les pouvoirs de façon absolue, donc sans loi. Et pour le vol, on retient que c'est une infraction frauduleuse de la chose d'autrui. Donc, celui qui agit sans loi, peut voler. Comme on dit, quand tu es ivre, la suite est logique. C'est mathématique… »
Rahama Hamid Ahmat se montre sceptique et soutient la thèse selon la quelle le montant est dérisoire: « Je demeure bien entendu sceptique sur le fait que ce pot de vin de deux millions de dollars est dérisoire au regard de la grande personnalité qu'incarne nôtre chef de l’Etat. Une remarque s'impose du fait que cette révélation est occidentale et surtout américaine et je me garde de la prendre avec réserve. Ce qu'il faut retenir dans cette histoire, ce qui n'est pas dans leurs Intérêts est synonyme de pots de vin parce que les chinois étaient les gagnants. Imaginez qu'elle soit une société américaine, française, ce tapage médiatique n'aurait pas eu lieu. Tout ce qui est contraire Aux intérêts des occidentaux est qualifié de tous les maux. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Moi personnellement, je n'y crois pas »
Mahamat Ali Mbouloumi ne semble pas aussi convaincu par les allégations américaines : « Si j'ai la possibilité de prendre à tout moment ce que je veux dans la caisse de l'Etat, je n’ai pas envie de négocier avec les ONG ! Donc il y a cette possibilité ».
Idriss Mahmat Soumaine estime pour sa part que : « Deby voleur ? Peut-être. Attendons le rapport d'enquête pour mieux savoir qui a fait quoi, quand et comment. »
Bondjin Djerev Hts s’aligne aussi aux arguments de Lyadish : « Je suis d'accord avec le point de vue de docteur Lyadish Ahmed. Deux millions de dollars c'est moins de deux milliards de FCFA. Si Deby le veut il peut le prendre dans le trésor public chaque mois et personne ne peut l'empêcher. Apparemment, notre président fait l'objet d'une campagne de dénigrement de la part de certaines officines aux État unis. Nous ne devons pas accepter d'avaler aveuglément ces genres des désinformations dont l'objectif inavoué est de ternir l'image du Tchad à travers son président. »
Mouss Moussa referme le débat en essayant d’être le plus objectif possible : « Bien sûr, il ne faut pas s'emballer ou aller trop vite en besogne mais il ne faut pas non plus ignorer que la cupidité est sans limite. L'Afrique compte 54 chefs d'État. Alors si l'on admet votre postulat, Deby serait le super président gênant à abattre ! Soyons sérieux. Certes, nous n'en savons pas grand-chose de l'affaire, ne faisons pas comme si Idriss Deby est un saint. Personne n'a envie de le voir citer dans cette affaire mais s'il y est pour quelque chose, on n'y peut rien. Pourquoi refuse-t-il de mener une guerre sans merci contre les pilleurs de la République ? Au lieu de cela, on assiste à une diversion comme son discours remarqué devant les commerçants de son parti et sa visite inopinée à la prison d'Amsinéné. Il y a des signes qui ne trompent pas. Sachons lire les actes que posent nos plus hautes autorités selon la formule consacrée !
Propos recueillis par Moussa T.Yowanga/ Ahmat Zéïdane Bichara