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11 Décembre 2017

La droite française se met en ordre de marche en élisant dimanche soir Laurent Wauquiez à la présidence du parti, après avoir subi une défaite cuisante lors de la présidentielle et des législatives de cette année. Avec un score recueilli de 74% défiant toute concurrence, l’ancien ministre de 42 ans de Nicolas Sarkozy s’est clairement détaché de ses concurrents, notamment Florence Portello arrivée deuxième avec 16,11% des voix et enfin Maël De Calan récolte seulement 9,25% des suffrages exprimés. La participation aura été de 99 597 votants, soit 42,46% sur un total de 234 556 adhérents des Républicains. Deux tours de scrutins étaient prévus mais finalement Laurent Wauquiez prive les deux autres candidats d’un second tour rendu caduc par sa brillante élection dès le premier tour. Laurent Wauquiez est adoubé par les siens alors que l’échiquier politique français s’est radicalement transformé depuis l’élection triomphale d’Emmanuel Macron à la présidentielle, amené par un mouvement centriste hétéroclite, monté de toutes pièces avec un slogan farfelu « ni gauche ni droite » qui a fait mouche. « Ce soir, c’est le début d’une nouvelle ère pour la droite », s’est réjoui le nouveau leader de la droite, pourfendeur du « gaspillage de l’argent public ».
Il se veut le champion des classes moyennes et d’une ligne claire, bien évidemment à droite toute. Cette posture plait beaucoup aux militants, mais cela fait craindre le risque de donner du grain à moudre aux adversaires politiques qui accusent le nouvel homme fort de la droite de courir après le Front national (FN), lui aussi en pleine reconstruction. Il qualifie ses attaques « des affabulations » et se concentre sur le chantier ardu du rassemblement de toute la famille de la droite française. Il veut croire en une droite claire et rassemblée. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de tenir des propos très clivants : « Si je suis élu président de LR, notre ligne sera claire ; il n’y a aucune alliance avec des élus du FN. Et ceux qui ne partagent pas cette ligne ne feront pas partie de mon équipe. Il faut clairement que Sens commun clarifie ses positions », avait-il averti. Le nouveau président a assuré qu’avec lui, la droite était de retour. Néanmoins, il est conscient que le plus dur commence après le fiasco de l’élimination du parti du premier tour de la présidentielle en avril, pire défaite jamais enregistrée depuis 1958.
Il prône la grande fermeté sur les questions d’autorité, de sécurité et d’immigration suscitant le malaise jusqu’à son propre camp. Ce qui fera dire à Jean-Christophe Lagarde, le président du parti centre droit UDI qu’en cas de victoire de Laurant Wauquiez, celui-ci s’enfermerait « dans l’ultra-droite » et qu’il n’y aurait « plus d’alliance » électorale entre les deux partis. A l’annonce des résultats des consultations des militants LR, les réactions ne se sont pas fait attendre dans les autres chapelles politiques. Le délégué-général du parti présidentiel Christophe Castaner, adresse ses félicitations à Laurent Wauquiez à travers un tweet. « Il est important pour la vitalité du débat démocratique que ceux qui, à LR ou au PS, veulent incarner l’opposition puisse avoir une ligne claire », a-t-il précisé. La réaction du parti socialiste se résume ainsi dans tweet laconique : « ce soir, une droite ultraconservatrice, qui prétend combattre le FN en reprenant ses idées prend la tête de LR.
Moussa T. Yowanga