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9 Décembre 2017

Il règne une certaine confusion en Honduras, où l’autorité électorale n’est toujours pas parvenue à proclamer les résultats de la présidentielle, cinq jours après avoir annoncé une vérification de certains procès-verbaux litigieux, tandis que se multiplient des manifestations dans le camp de l’opposition soupçonnant une fraude organisée. Les scores entre les deux finalistes restent très serrés à en croire les résultats partiels portant sur 94,31% des suffrages communiqués par le Tribunal suprême électoral (TSE). Le chef de l’Etat sortant, le conservateur Juan Orlando Hernandez, fait la course en tête avec seulement 42,92% des voix contre 41,42% pour son challenger de gauche, la star de télévision et novice en politique, Salvador Nasralla. L’opposant de 64 ans, Salvador Nasralla de l’Alliance de l’opposition contre la dictature a fait appel à ses partisans pour protester contre une tentative de vol de sa victoire. Ils sont descendus dans la rue mercredi soir et jeudi pour demander le recomptage des voix.Des échauffourées se sont éclatées vendredi entre les partisans de la star de la télévision, sortis par milliers et la police. « On l’entend, on le sent, Nasralla président », « JOH dehors », en référence aux initiales du président sortant, psalmodiaient en chœur des centaines de manifestants près du TSE.
Les affrontements ont occasionné au moins une douzaine de blessés : deux policiers et dix manifestants. Des commerces ont été vandalisés par les manifestants en colère. Les forces de l’ordre ont fait usage des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants excités ayant obstrué les avenues, incendiant des barricades et jetant des pierres sur les policiers. La panique s’est emparée de la population qui s’est empressée dans les stations-service et les magasins d’alimentation pour se ravitailler. Les activités étaient au ralenti, nombre des magasins avaient préféré fermer et à l’aéroport, on a enregistré la suspension de quelques vols internationaux dans la capitale. Les réseaux sociaux ont fonctionné à plein régime sur tout l’étendue du territoire pour relayer les images des échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants. En deux jours, la police a procédé à une cinquantaine d’interpellations de personnes soupçonnées de vol dans la capitale et à San Pedro Sula. Le président sortant cristallise les rancœurs puisque sa candidature se fonde sur une décision controversée de la Cour suprême l’autorisant à briguer un second mandant alors que la Constitution le lui interdit. « Si l’élection a été entachée d’une fraude évidente et que l’autoritarisme du président se renforce, cela va discréditer le processus électoral », a averti l’analyste Victor Meza. Des soupçons se sont portés contre la TSE en raison de l’interruption mercredi de son système informatique pendant cinq heures, accompagnée d’autres incidents ponctuels. David Matamoros, le président du TSE a déclaré qu’à l’issue du dépouillement, l’autorité électorale débuterait une phase spéciale de recomptage de certains procès-verbaux litigieux en présence des représentants des deux candidats.
Il a annoncé par ailleurs sur son compte Twitter : « Nous ne ferons plus d’annonce (de résultats) jusqu’à la fin du processus » de vérification. Le TSE s’en tient à la seule date butoir qui lui donne l’injonction de proclamer un vainqueur au plus tard un mois après les élections du 26 novembre. « Nous attendons le résultat au plus tard ce soir », a martelé vendredi le président Hernadez, du parti national, classé à droite. Son adversaire, par contre a insisté sur le recomptage complet de toutes les voix. Le candidat malheureux arrivé en troisième position, le libéral Luis Zeleya (14,75) s’est prononcé en faveur de Nasralla et a affirmé qu’il avait gagné. Le leader de l’opposition Juan Barahona a lancé un mot d’ordre de protestation dans chaque quartier. « Jour et nuit, nous allons descendre dans la rue car c’est la seule façon de revenir sur ce vol de la présidence », a-t- indiqué. La mission européenne des observateurs conduite par l’eurodéputée portugaise Marisa Matias, a condamné les violences et appelé « au calme et à attendre que les résultats puissent être vérifiés par tous les acteurs ». Un appel aux manifestants d’exercer leur droit à la liberté d’expression « de manière appropriée » et les policiers à « remplir leurs fonctions dans le respect des droits de l’homme » a été lancé aux manifestants. par la représentation des Nations unies à Tegucipalca
Moussa T. Yowanga