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7 Décembre 2017

Depuis l’assassinat ignoble le 16 octobre dernier de la journaliste et blogueuse anti-corruption, les autorités politiques et judiciaires étaient mises sous pression pour retrouver les auteurs de ce meurtre afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Les autorités judiciaires ont annoncé avoir inculpé mardi à Malte, trois suspects mais ces derniers ont plaidé non coupables des faits qui leur sont reprochés en l’occurrence d’avoir fabriqué la bombe ayant servi à exploser la voiture et tuer la journaliste Daphne Caruana Galizia. Elle a péri à l’âge de 53 ans dans une explosion de sa voiture alors qu’elle roulait près du village de Bidnija, au nord de Malte. Surnommée « Wikileaks, à elle seule », la journaliste animait un blog très visité dans lequel elle s’attaque de façon acharnée aux affaires de corruption impliquant de personnalités politiques de l’île maltaise. Lorsque le juge a prononcé leur inculpation et ordonné leur maintien en détention, les trois hommes suspects, au casier judiciaire déjà chargé, sont restés stoïques.
En réalité, ils faisaient partie du groupe de dix personnes dont l’arrestation lundi avait été rendu publique par le premier ministre maltais, Joseph Muscat. Le gouvernement s’est engagé à offrir 1 million d’euros en guise de récompense à toute personne susceptible de faire avancer l’enquête. Les enquêteurs maltais avaient eu le soutien de la police fédérale américaine (FBI), d’Europol et de la police finlandaise. Malgré l’engagement du premier ministre pour la quête de la vérité dans cette affaire, la journaliste de son vivant avait révélé certaines magouilles de la politique maltaise, mettant en cause Joseph Muscat et également le chef d’opposition plus récemment. Les fils de la journaliste ont dénoncé l’hypocrisie du premier ministre qu’ils accusent de s’être entouré d’escrocs et d’avoir instauré une culture d’impunité ayant transformé Malte en «île mafia ».
La famille de la journaliste a publié un communiqué la semaine dernière dans lequel elle s’en prend à Joseph Muscat et son ministre de la Justice : « Vous mentez quand vous dites que votre résolution de faire juger les coupables est maximale. Ce n’est pas le cas, elle est au niveau zéro. ». La vague de manifestations ne faiblit pas ces dernières semaines à Malte, le plus petit pays de l’Union européenne (430 000 habitants). Les manifestants se méfient des responsables judiciaires et policiers, dont plusieurs avaient été épinglés par la blogueuse. Le Parlement européen de Strasbourg a baptisé une de ses salles du nom de Daphne Caruana Galizia.
Moussa T. Yowanga