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9 Décembre 2017

Le Qatar sait s’attirer la sympathie de la communauté internationale en mettant l’accent juste sur les symboles. Un prix contre la corruption vient d’être décerné ce vendredi en grande pompe par le riche émirat qatari, malgré les doutes et les nombreuses critiques qui ne faiblissent pas concernant l’attribution de la Coupe du monde au Qatar en 2022. Le prix contre la corruption est symbolisé par une statue de 5 m représentant l’effort international commun contre la corruption. L’installation de cette œuvre sur la place des Nations à Genève n’a été que de courte durée puisqu’elle était déjà en train d’être enlevée vendredi. Le Qatar n’a pas lésiné sur les moyens pour la remise de son prix contre la corruption.
La cérémonie qui était organisée sur la place des Nations, a vu la présence du directeur de l’ONU, Michael Moeller, le président du Conseil d’Etat genevois, François Longchamp et le maire de la ville, Rémy Pagani. Le Qatar était représenté par le frère de l’Emir, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, qui a préféré rester chez lui. Une salle du Palais des Nations, réaménagée pour la circonstance a servi de cadre pour la remise du prix. La générosité du Qatar envers les Nations unies créée une sorte de relations particulières entre un donateur et un receveur. Le riche petit pays qatari avait d’ores et déjà annoncé le 23 novembre dernier qu’il prenait entièrement en charge les travaux de rénovation d’une autre salle du palais pour un coût estimé à 20 millions de francs.
Ce prix créé par le Qatar en partenariat avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime existe depuis juste un an. Son siège est basé à Vienne. Deux invités de marque, notamment un ancien procureur italien et un ancien ministre jordanien ont été honorés vendredi en Suisse. « Ce prix ne serait pas aussi respecté s’il n’était pas transparent », a indiqué Ali Bin Fetais al-Marri, le procureur général du Qatar et coordonnateur de ce prix. Le comité du prix a laissé entendre que les conditions de participations étaient accessibles sur internet. Des milliers de candidatures ont été enregistrés par ledit comité du prix.
Beaucoup d’observateurs y voient, à travers cette récompense, une manière de balayer de revers de main les soupçons de pots-de-vin supposés ayant entaché l’attribution de la prochaine Coupe du monde au Qatar. Le procureur général et coordonnateur de ce prix dément ces accusations et veut croire que les rivaux du Qatar agissent par simple jalousie. Même si l’ONU l’a récemment blanchi concernant les conditions de travail sur les chantiers, il reste néanmoins le combat contre la corruption à mener dans l’émirat. Une enquête menée par la justice suisse est en cours au sujet de l’octroi de droits de retransmissions des coupes du monde de football. Nasser Al-Khalaîfi, président qatari du PSG et par ailleurs membre du comité d’organisation de la Coupe du monde 2020 a déjà été entendu sur cette affaire.
Moussa T. Yowanga