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17 Décembre 2017
Discours de clôture de monsieur Sosthème Mbernodji, directeur artistique de la quatrième édition du festival littéraire « Le souffle de l’Harmattan », eut lieu le 15 décembre 2017 dans la Capitale tchadienne.

«Monsieur le ministre du Développement Touristique, de la Culture et de l’Artisanat,
Mesdames et messieurs les attachés culturels des chancelleries accréditées au Tchad,
Monsieur le directeur du Livre, des Arts et du Spectacle,
Monsieur le directeur de la Bibliothèque nationale,
Chers auteurs, chers amis, chers frères et sœurs, amis du livre,
Chers festivaliers,
Nous sommes en train de boucler la quatrième édition du Festival littéraire « le Souffle de l’Harmattan », et je voudrais personnellement vous dire mon entière satisfaction quant à votre engouement aux activités qui ont meublé ces trois jours consacrés à la littérature tchadienne, sinon africaine, à la culture et aux questions épineuses d’unité et du vivre-ensemble, socle sur lequel est bâtie l’édition 2017 de ce festival. J’ai envie de dire comme le poète Alphonse de Lamartine :« Ô temps, suspends ton vol ! Et vous, heures propices, suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides délices. Des plus beaux de nos jours ! ». C’est dire qu’on aurait aimé que ce festival continue. Hélas ! Chaque chose a son temps. La fin d’une chose vaut mieux que son début. Je voudrais au nom de l’Association des Écrivains et Auteurs Tchadiens d’expression française(ASEAT) et en mon nom propre, dire merci au ministre du Développement Touristique, de la Culture et de l’Artisanat, Mahamat-Saleh Haroun pour son implication à la réussite totale de ce festival ; je félicite le comité d’organisation de ce quatrième souffle culturel qui s’apaise dans quelques instants, pour revenir encore plus fort chaque année.
Je demande aux festivaliers, faut-il se voir tous les ans comme d'habitude ou tous les deux ans compte tenu de l'organisation qui est lourde ? C’est un défi ! Je dirai rapidement que pendant trois journées, nous avons fait des conférences, des échanges, des ateliers, des projections filmiques, des rencontres fantastiques, des lectures et déclamations des textes, des expositions de livres et des jeux-concours à l’intention de ceux qui sont appelés dans les années à venir, à assurer la relève !Au bout de ces trois journées de manifestations, chacune et chacun de vous peut dresser son bilan personnel, se demander si les différentes étapes de notre programme ont apporté quelque chose dans sa vie de femme ou d’homme, si l’une de ces activités a eu un impact positif sur la carrière d’écrivain que nous menons et que nous essayons de construire chaque jour. Ainsi, voudrais-je remercier tous les conférenciers et leurs modérateurs, les éditeurs et libraires, les auteurs et lecteurs, les bibliothécaires, tous ceux qui ont animé une activité pendant ce festival, comédiens et conteurs, notre reconnaissance. Recevez les applaudissements et les salutations des festivaliers et de nos invités.
Excellence monsieur le ministre du Développement Touristique, de la Culture et de l’Artisanat, distingués invités, nous avons devant nous, l’urgence de s’unir, de construire un cercle solide, un cadre d’épanouissement pour respecter réciproquement notre propre production littéraire et faire sortir notre littérature des conflits stériles, des accusations réciproques et des égoïsmes démesurés qui la tirent vers le bas. Nous sommes une grande littérature à condition que nous nous construisions ! Nous avons un besoin de respect de notre propre production littéraire, et nous ne pouvons baisser les bras alors que le processus est si bien enclenché. J’invite chacun des auteurs et des passionnés du livre et de la lecture ici présente, à rejoindre l’ASEAT, et à apporter sa pierre précieuse à l’édification de notre littérature. J’invite enfin les frères et les sœurs écrivains, femmes et les hommes de culture qui ont suivi les différentes ateliers et conférences à garder à l’esprit que la construction de notre institution littéraire est une tâche qui nous incombe tous. A vous les jeunes, filles et garçons, étudiants, élèves, nous voulons vous voir acteurs de ce festival, nous attendons vos propositions, vos initiatives en faveur du rayonnement culturel de notre patrie. Nous continuerons de nous battre, quoi qu’il arrive, pour ne pas laisser tomber ce que nous érigeons au sommet au jour le jour, et qui est l’héritage des futures générations ! Vous qui n’avez pas encore aimé la page Facebook dénommée « Souffle de l’Harmattan, festival », je vous invite à le faire dès aujourd’hui, car c’est aussi à partir de ce nouvel outil de communication de masse que nous communiquons sur l’actualité littéraire de notre pays.
Notre profonde gratitude aux médias tchadiens et internationaux qui portent ce festival à cœur ! Lorsque nous avons fini ici, c’est votre voix et votre écho qui se prolongent le long de l’univers ! Chaque pays construit ses référents et ses représentations dans l’imaginaire des autres peuples du monde : nous n’accepterons pas que les référents du Tchad soient la guerre et la division ! Nous allons continuer de lutter chaque jour, pour se recréer, pour se reconstruire, pour s’aimer, pour se soutenir, pour avancer ensemble et pour réussir ensemble ! Baba Moustapha dans son célèbre roman « Le souffle de l’Harmattan » déclare : « L'important, c'est de se rappeler ce qui s'est passé, non pas pour attiser la haine mais afin que plus jamais cela ne se reproduise; l’important, c’est de retenir la leçon, et se dire qu’il en est des jeunes nations comme de ces enfants qui apprennent à marcher, ils trébuchent, ils tombent, mais c’est pour se relever plus forts, plus droits ».Nous renouvelons nos sincères remerciements aux autorités en charge de la Culture sans oublier la direction de la bibliothèque nationale. A vous, chers partenaires, notre seule promesse est de rayonner toujours plus fort, et de ne jamais être petit ! Aux différentes délégations venues de Biltine, de Moundou, de Bongor, de Garoua et de Yaoundé, nous souhaitons un bon retour ! Le rendez-vous est pris pour 2018 !Vive le souffle de l’Harmattan ! Vive la culture ! Vive le Tchad ! Je vous remercie !».
Choix et commentaire d'Eric Mocnga Topona,correspondant spécial à Bonn en Allemagne