Informer sans travestir ni déformer, c'est notre combat !
19 Janvier 2020

Cette situation délétère régnant au sein du plus grand établissement sanitaire du pays fut relatée par un connaisseur du milieu en tant que Coordinateur National de Lutte contre le Paludisme grâce à son Coup de Badangaï 762 qu’il titre : « l’Hôpital HGRN dans toutes ses situations abracadabrantes ! ». Dr Djiddi Ali Sougoudi dénonce à travers son constat amer et très inquiétant l’anarchie volontaire et entretenue par les plus Hauts responsables du pays qui malheureusement deviennent la source des résultats d’une absence ou d’une carence d’autorité au sein de l’Hôpital Général de Référence National. On peut même remonter ce laisser-aller ou désinvolture au niveau même du Ministère de la Santé publique ,cette plus grande institution de l’Etat tchadien qui doit en principe veiller de façon minutieuse et déterminée au Bien-être des populations de ce grand pays africain et exportateur de l'or noir depuis plus de 10 ans. Finalement, ceux qui psalmodient à longueur de journée que le Tchad se porte très mal n’ont pas tort et jusqu’à quand une telle intenable situation durera-t-elle ? Sincèrement c’est bien triste de lire la réaction d’un praticien de Santé à la personne de Dr Djiddi Ali Sougoudi qui aperçoit dans ce Coup de Badangaï 762 publié depuis le vendredi 17 janvier 2020 que: « Plus de quatre mois après la visite inopinée du Chef de l’Etat, le plus grand Hôpital de la Capitale, l’HGRN fonctionne aussi mal qu’un lupanar de prostituées. Situations cocasses, quasi irréfléchies, comportements fous d’un personnel par endroit irresponsables par leurs actes de tous les jours. Voici quelques abracadabrantes situations à résoudre par la nouvelle direction dirigée par Pr Ali Mahamat Moussa et Dr Iré Diane: ostracisme quasi dictatorial de certains chefs de services qui empêchent certains médecins spécialistes de travailler. Refus de l’accès au bloc opératoire de certains chirurgiens par certains d’autres qui se prennent pour le dieu des services. Non-respect de la hiérarchie au sein de l’institution et incapacité de la Direction d’interpeller certains chefs de service qui se comportent comme des délinquants primaires et/ou séniles qui imposent une gestion parallèle de services. Débauchages des patients orientés vers leurs cliniques, arrivées dans les services aux heures de leur convenance, absentéisme chronique, manque de transparence dans la gestion des matériels et iniquité dans la gestion des malades, attitudes de provocation et un véritable voyoutisme administratif. Irresponsabilité en gestion de certains services presqu’en abandon avec une mauvaise hygiène rampante et intolérable. Le service appelé « consultation externe » exerce une médecine insolite de rente sans aucun respect des normes de consultations. J’y ai été hier en accompagnant un patient et c’est la catastrophe comportementale de certains confrères qui y consultent: pas de prise de tension ni de température, pas d’interrogatoire ni histoire des maladies moins encore les antécédents du patient. Une vraie consultation à la hâte de plusieurs dizaines de malades vus à la va-vite et juste pour renflouer les caisses ».
Le Coordinateur National de Lutte contre le Paludisme au Tchad enchaîne étonnement son second paragraphe de son enquête avec des exemples à l’appui et surtout en faisant des recommandations au ministère de tutelle: « Incroyable, désarçonnant et une vraie catastrophe comportementale en milieu médical devenu une arène de comédie noire et tragique. Il a fallu que j’intervienne pour prendre la tension et faire une auscultation en essayant de faire bouger mon confrère qui a déjà rempli les bulletins d’examens sans avoir examiné le patient. Tout juste abracadabrant! Je sais et beaucoup se plaignent de mes écrits sur cet hôpital, y compris ma propre hiérarchie qui m’a interpelé maintes fois que je dois m’adresser directement à mes confrères qui dirigent cet hôpital. A quoi ça sert d’interpeller par écrit? Ces derniers savent et connaissent toutes ces bêtises mais ont peur de secouer le cocotier. Et je le prends à témoin: pourquoi restent-ils spectateurs devant des conflits créés par certains médecins orgueilleux et inutilement agressifs envers leurs collègues? Pourquoi acceptent-ils tant de mauvaises conditions de travail et d’hygiène? S’il vous plaît et je demande solennellement aux responsables du ministère de descendre dans cet hôpital pour rétablir l’ordre et le respect de la déontologie médicale. Le bordel à trois duré et il ne suffit pas de remplacer les Directeurs, mais il faut instaurer l’orthodoxie médicale en appliquant les règlements intérieurs en la matière: renvoyer tous les vieux briscards qui y font la pluie et le beau temps. Il faut aussi demander aux médecins véreux de choisir entre le service et les cliniques lucratives de leur création et donner les moyens et le temps nécessaire de consultation en « Consultation externe » en créant plusieurs box par différentes spécialités et que chaque médecin ne consulte pas au delà de 20 malades par jours. Arrêter ainsi cette folie de voir 70 malades par jours sans sérieux ni probité morale juste pour renflouer les causes et en recevoir des ristournes. Instaurer un pointage surtout des médecins et ceux chefs de services qui viennent et repartent à leur guise. Rehausser le salaire du personnel méritants et assidus dans leur travail- rendre obligatoire l’hygiène qui y manque cruellement et coupable de nombreuses maladies nosocomiales. Recenser et amoindrir les actes iatrogènes dans les pratiques médicales dans cet hôpital ou de nombreux patients font des complications après des actes chirurgicaux qui sont faits dans des conditions parfois douteux. Mettre un observatoire de « bonnes pratiques médicales » pour lutter contre cette pratique sauvage et irréfléchie de la médecine ».
La Rédaction